Accueil >> Plongée >> Test du concept STTL de Inon >> Test Flash sous-marin Inon D2000 et Z240

La synchro flash TTL avec un appareil photo compact sans prise flash, c'est possible…
Même sous l'eau
Avec les flashs Inon D2000, D2000wn, D2000s, Z240

Mise à jour :
-le 04/08/2016 : Un article sur les flashs Inon, dans AQUAMONDE, la revue spécialisée dans la photographie subaquatique, d'août 2016


-le 05/04/2009 : Au sujet des adaptations pour les reflex
-le 27/10/2007 : au sujet des fibres optiques et du S-TTL
-le 08/07/2007 Une FAQ
Première version de cet article mars 2006


 

Introduction


Dans cet article est présentée la réponse de la marque japonaise Inon, à un problème récurrent de la photo sous-marine : comment utiliser un flash déporté sous l'eau, en assurant la synchronisation de l'éclair et le contrôle de l'exposition. La solution présentée ici porte le non commercial de "S-TTL" et même si elle apparaît très simple dans son principe, le fait qu'un seul fabricant ne l'ait proposée et l'inexistence d'information en français sur le sujet, m'a obligé à faire mes propres tests afin de me forger une opinion.

D'autres solutions existent et depuis fort longtemps :
Pour la synchronisation : cellule de déclenchement esclave, câble de synchro électrique.
Pour l'exposition : contrôle manuel, flash à computer, flash TTL avec prise synchro.
Avantages et inconvénients seront listés dans la suite de cet article.
Si le besoin d'utiliser un flash déporté sous l'eau ne fait aucun doute pour les spécialistes de la photo sous-marine, il sera quand même utile de le préciser ici.

 

Pourquoi un flash déporté

Si l'ensemble des photos de www.fplanglois.com/plongee pour la période 2003 à 2005 sont réalisées avec le flash intégré de l'appareil, ou sans flash (et avec un appareil très simple tout automatique),
celles-ci sont le résultat d'une sélection sévère, ou d'un post-traitement long et répétitif.
On peut se satisfaire du flash intégré pour la photo proxi (photo rapproché 20-50 cm du sujet) dans une eau totalement exempt de particules.
Mais le plus souvent un halo se forme sur chaque particule en suspension du fait de l'éclairage direct de celles-ci.

Pour comprendre ce que l'on ne veut plus voir, cliquez sur l'image ci-dessous.


Pour que les particules ne soient plus visibles, il faut que l'angle entre l'axe de prise de vue et de la lumière artificielle soit le plus grand possible. Pour faire simple, les particules doivent être éclairées latéralement.

 

Les autres systèmes de flash déportés

Plus loin va être exposé les principe du S-TTL, mais avant il est important de comprendre comment se font les photos au flash déporté en dehors de ce système.

La synchronisation par câble électrique : elle est performante, c'est exactement le même fonctionnement que ce que l'on connaît pour la photo terrestre.
Un câble assure l'ensemble des contacts électriques entre la prise flash de l'appareil (reflex ou compact) et le flash.
Si une prise flash existe toujours sur les reflex, elle est de plus en plus rare sur les compacts.
Pour que le cordon puisse fonctionner sous l'eau avec toutes les contraintes d'étanchéités, il faut s'équiper de caisson, de cordons et de flashs extrêmement coûteux et compatibles entre eux.
La démarche consiste à choisir un système autour d'un marque de caisson sous-marin. Puis de choisir les équipements compatibles. Il est ensuite très compliqué de changer de système, il faut complètement se rééquiper.
On se bride donc, il est difficile de changer d'appareil photo.


La synchronisation par cellule esclave : une cellule détecte la lumière émise par le flash intégré de l'appareil et déclenche immédiatement (la lumière, ça va vite) le flash distant. C'est un principe très ancien, qu'on utilisait déjà en studio dans les années 70.
Même si le flash distant est beaucoup plus puissant que le flash intégré, ce qui limite le risque d'éclairement des particules par la lumière du flash direct, on peut améliorer le système en cachant le flash intégré avec un petit écran noir. L'information lumineuse parvient alors au flash esclave à travers une fibre optique qui vient faire le lien entre le flash intégré (derrière l'écran noir) et la cellule du flash déporté.
Ce système fonctionne fort bien, il est complètement indépendant d'une marque de caisson, il est économique, mais jusqu'à l'apparition de S-TTL, il ne permettait que le déclenchement du flash sans aucun contrôle de l'exposition.


Une fois la synchronisation assurée, il faut contrôler l'exposition.

Contrôle de l'exposition manuelle : c'est le système le plus simple techniquement, mais il demande une grande expérience. Le photographe doit étalonner son propre système afin de déterminer le réglage du flash, sur une molette, en fonction de la distance appareil - sujet.


Flash Auto à cellule intégrée (dans les années 70-80, on appelait ça flash à computer, il était très utilisé pour la photo terrestre), une cellule est disposée sur le flash lui-même, et mesure la quantité de lumière émise et réfléchie par le sujet photographié.
Il faut impérativement un appareil photo qui permette de sélectionner le diaphragme (manuel ou priorité diaph) puis reporter cette indication sur le flash en faisant éventuellement un calcul mental pour adapter cette information afin de la corréler avec la sensibilité utilisée (ISO).
Ce n'est pas très simple, c'est souvent imprécis.


Contrôle TTL : la lumière est analysée à travers l'objectif. Pour l'argentique, la lumière était analysée en temps réel, pendant le déclenchement par réflexion sur le plan du négatif.
Avec l'apparition du numérique, la mesure de la lumière du flash se fait en deux temps.
Un pré-éclair est envoyé, un capteur auxiliaire l'analyse, détermine la puissance du flash nécessaire, puis un second éclair vient fournir la lumière nécessaire.
En général, l'utilisateur ne perçoit pas la succession de ces deux éclairs.
C'est le mode d'exposition qui est en principe le plus précis, il est totalement automatique. L'analyse de l'éclair est plus ou moins sophistiquée selon le modèle et la marque de l'appareil. Selon les marques et le niveau de complexité du système (multi zones, prépondérance du collimateur AF, analyse du ratio lumière du jour / lumière flash, prise en compte de la distance) celui-ci porte des noms marketings différents, E-TTL pour Canon, I-TTL chez Nikon…
On doit cependant pouvoir intervenir et apporter sa touche de correction personnelle à cet automatisme. C'est pratiquement toujours le cas sur les reflex, rarement sur les compacts.
Les inconvénients majeurs (jusqu'à l'apparition du S-TTL Inon) sont les mêmes que ceux qui sont mentionnés dans le paragraphe concernant la synchronisation par câble électrique : coût, dépendance vis-à-vis d'un système, complexité du matériel.


 

Le S-TTL Inon

Ce mode est absolument nouveau et pourtant d'une simplicité incroyable dans son utilisation comme dans son bon fonctionnent comme nous le verrons plus loin.
Ce qui peut sembler le plus étonnant, c'est que personne n'ai pensé à commercialiser ce système auparavant.
Il s'appuie sur une chose que j'ignorais avant de tester ce matériel : les petits appareils compacts numériques utilisent presque tous le contrôle TTL pour l'exposition de leur petit flash intégré (ce n'était pas le cas pour l'argentique).
Comme nous l'avons vu, sur les appareils numériques, l'analyse de la lumière est effectuée lors d'un pré-flash, puis le flash, à sa puissance nominale selon le contexte, est déclenché.
L'idée est de tromper l'appareil et de lui "faire croire " que le flash déporté est son propre flash intégré.
Pour cela, le flash est relié à l'appareil par une fibre optique qui est fixé d'un côté devant le flash intégré par un dispositif quelconque (Velcro, porte-objectif muni d'une prise cordon optique…) qui doit en principe en masquer l'éclair. De l'autre côté, sur le flash distant, la fibre vient se fixer sur un ergo qui contient une cellule photoélectrique
Quand l'appareil déclenche son pré-flash, c'est en fait le flash déporté, considérablement plus puissant dont la lumière est analysée. L'appareil photo comprend cette situation comme une photo prise à plus courte distance qu'avec le flash intégré, puisqu'il reçoit plus de lumière. Il envoie ensuite le flash avec la puissance adaptée.

J'ai essayé ce système avec un flash Inon D2000wn et 5 appareils photo différents : Minolta Xi, Canon A520, Canon A85, Canon A610, Fuji F11. À chaque fois avec le même succès.

La grande question que je me posais avant d'avoir pu constater par moi-même le bon fonctionnement du procédé était : comment le ratio de puissance entre le pré-éclair et l'éclair principal était déterminé. Il est évident que ce rapport est propre à chaque marque. Le fait que le système fonctionne sans aucun étalonnage sur des marques différentes m'a amené à trouver une tentative de réponse.
Des documents techniques officiels trouvés sur le web confirment l'hypothèse de l'importance de la parfaite synchronisation temporelle entre le flash intégré et le flash déporté.

Pour y parvenir, le flash Inon avec le mode S-TTL fonctionne en temps réel, il laisse l'appareil déterminer l'exposition correcte du flash, profite de la puissance supérieure du flash déporté :
après le pré-éclair, le flash déporté, grâce à la sensibilité de sa grosse cellule, à travers la fibre optique, synchronise la durée d'éclairement des tubes à éclat (il y en a deux sur les Inon) avec l'éclair principal du boîtier. Et ça marche !!!

Les premiers tests ont été effectués confortablement sur terre.

Cliquez sur les vignettes pour voir les images en plus grande taille.

Ci-dessous une photo de type macro
La première avec le Canon A85 et son flash intégré. Elle est complètement surexposée, ce qui n'est pas étonnant car les Canon série A connaissent toute la même limitation : une portée minimum de 45 cm.

La même image avec le flash Inon est parfaitement dosée, alors que le flash n'était pas beaucoup plus éloigné.


La même chose en proxi
Flash intégré, photo légèrement surexposée.

Flash Inon en S-TTL bien dosée



La même chose en plan moyen
Flash intégré

Flash Inon en S-TTL


Une image maintenant en vue éloignée
Avec le flash intégré, l'image est plus plate.

Avec le Flash Inon en S-TTL, placé à droite de l'appareil, afin qu'on voit bien les ombres portées
On voit que la température de couleur est très différente.


Ci-dessous le test qui tue.
Le flash Inon photographié de face en mode S-TTL.
Même si ça ne saute pas aux yeux la lumière est globalement correcte, j'ai mis en vignette l'histogramme.
Sans un contrôle efficace de l'exposition nous aurions eu une image complètement blanche, surexposée.


Une image en triptyque de mon dernier test avec un A610 en configuration prêt à plonger dans son caisson Ikelite, dans ces conditions difficiles (miroir), le couple A610 D2000wn, s'en sort remarquablement bien


 

Dans l'eau

Et, enfin, un premier essai dans l'eau : flash Inon D2000wn, caisson Ikelite, Canon A610. Mode programme et S-TTL
Photos brutes, sans aucune retouche



Puis les premiers essais en mer...

 

Les autres possibilités du flash Inon D2000wn, Z240

Le mode S-TTL permet bien la correction de l'exposition. Une molette permet d'apporter une variation en sous ou surexposition par rapport à ce que l'automatisme décide.
Ceci est donc une fonctionnalité unique sur les appareils compacts, qui rappelons-le possèdent rarement cette possibilité en natif.

La lampe-pilote s'éteint durant le déclenchement.


J'ai testé rapidement les autres modes de fonctionnement du flash.

Il possède un mode auto (cellule à computer).
Il est possible de corriger l'exposition par ¼ de diaph via un dispositif mécanique devant la cellule.
Ce mode est de toute façon aléatoire, si le sujet visé n'est pas parfaitement dans l'axe du flash, la cellule sera trompée.
Dans mes tests, j'ai été amené, selon la position du flash par rapport au sujet à produire des séries de surexpositions, sous-expositions.
Il est vrai que si le sujet est bien dans l'axe du flash, l'exposition est très bonne. On n'a pas les mêmes contraintes en S-TTL, où c'est l'appareil qui décide si le sujet visé est correctement exposé.
À savoir : le D2000s ne possède pas le mode Auto.
Le mode manuel, pas de problème particulier.

Le mode Full : l'éclair est envoyé à sa puissance maximal. Voir la rubrique "ce que le manuel ne dit pas".

Le flash peut fonctionner en TTL classique via un cordon 5 ou 6 broches Nikonos ou Sea&Sea, mais je n'ai pas essayé ce mode.


 

La fibre optique

Suite à une utilisation intensive de ce flash dans des situations variées et avec des appareils photos différents, je vous propose ici une page avec mes conclusions sur l'importance de la fixation de la fibre optique.


Explications pour la fixation des cordons dits "Fibre optique universel Inon" et comparaison avec le kit dédié Inon




 

Ce que le manuel ne dit pas



La flash doit impérativement être connecté avec une fibre optique.
Ce n'est pas précisé dans la doc (qui ne dit pas le contraire) et pourtant, j'ai tenté de l'utiliser comme flash esclave en combinaison avec le flash principal, comme le ferait un utilisateur qui vient de recevoir son flash et qui n'aurait pas reçu de cordon optique compatible Inon.
Dans cette configuration, le flash part bien, mais l'exposition est totalement aléatoire et franchement mauvaise (en S-TTL).
Ça signifie clairement qu'il faut un cordon avec un pas de vis compatible avec le téton de fixation sur le flash.
Après une longue expérience maintenant avec les flashes Inon, je recommande un kit fibre Inon dédié plutôt qu'un simple "Fibre optique universel Inon" si vous ne voulez pas bricoler.


Le flash possède un réglage nommé "Advanced Cancel Circuit". C'est en fait le mode nommé pré-flash chez les concurrents.
Il est important pour le mode manuel.
Si vous utilisez le mode Full (pleine puissance) sur un appareil qui émet un pré-flash ce réglage doit être sur OFF = tirette levée.
Si votre appareil n'émet pas de pré-flash, par exemple les Canon PowerShot en manuel, ce réglage doit être sur ON.



J'ai aussi constaté des curiosités, mais qui cette fois ci ne sont pas liées au flash lui-même, mais aux particularités des appareils photo eux-même.

Je comptais utiliser les Canon série A en manuel pour contrôler le ratio, lumière du jour, lumière du flash.
Mais dans ce mode, les Canon n'utilisent pas le contrôle TTL de l'exposition du flash (ce qui ne va pas de soit, car on peut très bien vouloir régler en manuel le couple diaph-vitesse et laisser l'exposition TTL du flash, comme on le fait fréquemment avec les reflex).

En manuel, les Canon série A, utilisent leur flash en manuel également (3 réglages de puissances seulement, qui heureusement seront utilement complétés par les multiples puissances manuelles de l'Inon).
Donc pour faire varier le ratio comme je l'entendais, il faut utiliser, soit la priorité diaphragme, soit le mode Auto ou programme et jouer du correcteur d'exposition sur l'appareil et celui du flash.



Sur le Minolta (appareil sans mode manuel, tout auto), le correcteur d'exposition agit de manière linéaire sur la lumière du jour et sur l'exposition TTL du flash.
Il ne reste donc que la possibilité de corriger l'exposition du flash avec le correcteur du mode S-TTL.


C'est évoqué dans le manuel, mais en tout petit et beaucoup d'utilisateurs se sont laissé prendre. Si vous voulez utiliser le flash Inon Z240 avec un cordon électrique sur un reflex, vous perdrez alors le bénéfice du TTL, mais de plus, les connexions TTL vont interférer avec le fonctionnement de votre boîtier.
Il faudra alors inhiber les contacts inutiles en ne laissant que ceux qui sont nécessaires au déclenchement du flash principal. Inon fournit pour ça un petit cache à placer sur le sabot flash, mais que vous pouvez aussi bien placer sur le câble lui-même.
Sans cette adaptation, le mode auto ne fonctionnera pas ainsi que le mode manuel dont les réglages seront inopérants.
Voir la photo ci-dessous, envoyée par Patrick Harot :



Patrick travaille maintenant sur une adaptation qui permet d'utiliser la fibre optique plutôt que le cordon synchro sur son caisson Nimar pour reflex Canon 450D.
Ce concept est maintenant utilisé sur les nouveaux caissons pour reflex. Ici un caisson Sea&Sea pour 450D.
On retrouve ainsi le sTTL sur les reflex avec un simple D2000 :

Vous pourrez trouver un point complet autour de cette nouvelle tendance dans un article de mon cru sur le site plongeur.com


 

FAQ (suite aux nombreuses questions qui me sont posées toutes les semaines par mail)



Dans quel cas utiliser le magnet sur le D2000 ou mettre la tirette en position enfoncée sur le D2000Wn ou le Z240 ?

Votre appareil n'émet pas de pré flash, c'est le cas des apn Canon (PowerShot A et G) quand ils sont en mode manuel.
Vous utiliserez donc votre flash en manuel ou en mode Auto, mais vous ne pourrez pas l'utiliser en S-TTL.

Dans quel cas enlever le magnet sur le D2000 ou mettre la tirette en haute sur le D2000Wn ou le Z240 ?

Votre appareil émet un pré flash, c'est le cas de la presque totalité des apn actuels (depuis 2006) lorsqu'ils sont en mode auto, programme, priorité diaphragme, vitesse, modes résultat.
Vous pouvez alors utiliser le flash Inon, en S-TTL, manuel ou Auto.

Notez qu'en S-TTL la position de la tirette (magnet) n'a pas d'importance. C'est dans le cas où vous changez de mode (passage en manuel du flash sous l'eau) qu'il est utile d'avoir enlevé le magnet auparavant.

Dans quel cas utiliser le mode Auto ?

a- l’apn n’a pas de mode TTL (de + en + rare)
b- on veut un contrôle auto du flash sur un Canon en manuel (qui rappelons-le, dans ce cas, positionne son flash interne en manuel)
c- avec 2 flashs visant des cibles différentes (dans ce cas, le mode manuel est le plus souvent utilisé, mais cette alternative me paraît intéressante.



 

Conclusion

J'espère que ce test express sera utile pour orienter le choix des futurs photographes sous-marin.
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques par mail ou via le forum des Langlois (pas celui de Renomme).
Vous pouvez m'aider à compléter, à corriger mes inexactitudes ou approximations.

Il faut noter que depuis la première version de cette page, un concurrent à l'Inon, le Sea&Sea YS-110 TTL est arrivé avec un mode qui pourrait bien être une reprise du concept S-TTL. Je ne l'ai pas testé
Depuis cette date Inon a déjà sorti 2 nouveaux modèles basés sur le S-TTL.


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